La place de l’artiste dans les politiques culturelles

Si nous réfléchissons aujourd’hui à une ré-invention de la politique culturelle, cela nous amène indubitablement à nous questionner sur la place de l’artiste dans notre société et dans la politique culturelle-même . Car c’est en grande partie de la matière – ses créations – qu’il produit dont il est question, et que nous cherchons à défendre.
 
La culture est portée par des hommes et des femmes, et non pas seulement par des systèmes, et des administrations. Peut-on penser la politique culturelle vers une politique plus volontariste qui suppose davantage d’implication des comédiens, des metteurs en scènes, des photographes, des peintres, etc…?
 
Nous défendons l’idée que l’art et la culture font partie du ciment d’une société, que politique et art sont intimement liés. Pourtant aujourd’hui, comment se met en place une politique culturelle dans une ville par exemple? Elle est – au mieux- une affaire de concertation entre le pouvoir politique élu démocratiquement, l’équipe municipale qu’il nomme, l’administration sur laquelle il s’appuie, et les artistes auxquels ils vont faire appel. Donc finalement qui organise la vie des arts dans la cité? Les artistes ne se situent-ils pas peu à peu vers les derniers maillons de la chaîne de réflexion? Alors qu’ils sont les créateurs de cet art qui amène l’épanouissement de l’individu, qui amène la révolte, les bouleversements et les émotions, qui amène la cohésion, la communion mais aussi les révolutions.
 
N’a-t-on pas besoin en cette période de grands doutes que certains artistes trouvent une place libre de création et de participation concrète à l’élaboration et à la mise en oeuvre de la politique culturelle? Doit-on donner plus d’importance à la créativité pour réinventer le milieu culturel et son fonctionnement? Qui mieux qu’un artiste peut nous apporter du rêve? Quel système peut-on trouver pour que sa parole ait du poids dans les grandes décisions politiques?
 
Par Lucine

6 réponses à “La place de l’artiste dans les politiques culturelles

  1. Mais où va la culture !?

    Même article mais autre extrait:

    « La culture, projet d’avenir », Le Monde (Fév 2009)

    « Les stratégies de marketing remplacent l’aura de l’artiste et les médiateurs deviennent parfois plus
    médiatisés que les créateurs et les oeuvres moins appréciées pour elles-mêmes que pour l’agencement qui
    les médiatise. Il faut repenser la politique culturelle à partir des créateurs et non pas des études sociologiques, favoriser l’audace et ne plus se contenter des seuls acquis.»

  2. Mais où va la culture!?

    « La culture, projet d’avenir », Le Monde (Fév 2009)

    « L’ensemble des structures et des institutions culturelles s’est incroyablement professionnalisé. De nouveaux métiers de médiateurs se sont développés. Mais le rapport entre les institutions publiques et les artistes s’est distendu. Les intermédiaires se sont démultipliés. On pourrait par exemple s’étonner
    qu’aucun artiste ne fasse partie du conseil de la création. En cinquante ans, on a inversé le contenant et le contenu. Les lieux de l’institution culturelle ont été créés sous l’impulsion d’artistes engagés et à partir de leurs projets artistiques. A l’inverse, aujourd’hui, les cadres existent et on demande aux artistes, même
    les plus grands, de s’y conformer quand ils ne jouent pas les prestataires de services d’une vie culturelle qu’ils ne gèrent plus. »

    Quelle place a l’artiste dans notre société, au regard des autres professionnels de la culture ?

  3. Recommandation de l’Unesco relative à la condition de l’artiste, 1980, Belgrade :  » Les Etats membres devraient s’efforcer (…) de prendre les mesures appropriées pour tenir compte de l’opinion des artistes et des organisations professionnelles et syndicales qui les représentent (…) dans la formulation et dans l’exécution de leur politique culturelle.[les Etats membres] sont invités à prendre les mesures nécessaires pour que les artistes et leurs organisations participent aux délibérations, à la prise de décisions, puis à l’application des mesures (…). » Pour l’Unesco, il semble clair que l’artiste a une place à jouer dans la conception des politiques culturelles. Pour vous, prend-il cette place dans les débats aujourd’hui? Si non, est-ce par un manque de place qu’on lui laisse, ou une baisse d’engagement?
    Autre question : l’artiste a-t-il de fait un rôle à jouer dans la construction de la politique culturelle?

  4. maisouvalaculture

    Bonjour à tous,
    Nous vous invitons au prochain rendez-vous public qui aura pour thème « La place de l’artiste dans les politiques culturelles » : Mercredi 24 juin à 19h30 à Lyon. Très bientôt nous pourrons vous confirmer le lieu de cette rencontre. Si vous souhaitez en être informé, contactez-nous à maisouvalaculture@gmail.com

  5. Nicole,
    je te remercie pour cette réponse. J’ai deux questions qui me viennent suite à la lecture de tes mots :
    . selon toi, le désengagement de l’état ou des collectivités (quelle qu’elles soient) sur les notions de service public en matière culturelle engendre t il indubitablement la mise en danger totale de l’artiste? de l’art?

    . Ensuite, nous sommes dans une période où les contestations doivent être criées. On se retrouve cependant à sentir une souffrance, un malaise, un désarroi, mais finalement peu de revendications, et surtout peu de propositions de nouveaux modèles. Selon toi, pourquoi? Qu’est ce qui coince, qu’est ce qui bloque?

  6. Les artistes, les plasticiens, les graphistes auteur, les typographes, les compagnies de danse, de théâtre, les écrivains, les photographes ne sont pas des « fabricants de rêves »mais des personnes qui posent un regard singulier sur notre monde et en proposent une lecture réflexive. C’est une nécessité physiologique. « les sociétés qui se désintéressent de la culture sont des sociétés vouées au déclin et leur porte peut même s’ouvrir à la barbarie ».
    extrait de l’intervention de Bernard Thibault, à l’occasion du 30e anniversaire du SNAPcgt organisé au Centre G.Pompidou le 18 avril 2008.Les actes sont publiés par le syndicat national des plasticiens cgt. sous le titre »vie d’chiens, vie d’artiste? » Le désengagement de l’état sur les notions de service public, les politiques sociales et culturelles est en marche. Il n’y a qu’à voir comment évolue le mouvement des universités avec la loi sur l’autonomie. la question est selon moi la suivante: pouvons-nous accepter de contribuer à un projet de société basé sur la seule notion de rentabilité? Devons-nous cautionner la disparition de la figure humaine?
    en faire un échiquier d’un nouveau genre avec des pions interchangeables? Et du même coup instaurer un environnement concurentiel entre les personnes d’un même secteur d’activité? D’autres questions sont à soulever, il me parait indispensable que TOUS les acteurs participent à cette réflexion: les artistes, les diffuseurs, le public, les organisations professionnelles.
    Chacun dans son champ d’action peut permettre: une analyse de la situation, la conduite d’audits, et enfin le croisement des propositions (les plasticiens n’ont pas les mêmes besoins que les écrivains par exemple, en terme d’espace de travail et de diffusion). Premier coup d’envoi… à vous… ¶

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