Culture: l’offre et la demande VS la diversité culturelle

 
La notion d’offre et de demande en matière de culture, un danger pour la diversité culturelle ?
Comment aborder la question des politiques culturelles sans se questionner sur les liens entre les œuvres et les publics, entre les salles de spectacle et les populations de leurs territoires, entre une offre et une demande ?
 
Nous sommes aussitôt convaincus que nous ne pouvons pas réduire cette vaste question aux simples notions mercantiles de l’offre et de la demande. Nous savons bien que la corrélation de ces concepts est inadaptée au secteur culturel car il est difficile de considérer ses productions comme de simples marchandises répondant à un besoin.
 
Comme André Malraux mais aussi Catherine Trautmann ou Catherine Tasca nous l’ont expliqué au fil des années, les biens culturels ont une spécificité liée à leur capacité de préserver les identités culturelles et le lien social, à transmettre des idées, du sens et des valeurs.
 
Mais, le clivage dans lequel nous sommes reste fort. Il est vrai que de nombreux citoyens ne fréquentent pas ou peu les structures culturelles, que beaucoup d’entre eux ne s’identifient ou ne se retrouvent pas dans les programmations. Ainsi, comment faire pour inverser cette tendance ? Comment relier davantage les publics et les œuvres?
 
Dans la lettre de mission adressée à notre Ministre de la Culture Christine Albanel, voici ce que notre Président Nicolas Sarkosy propose: « La démocratisation culturelle, c’est [enfin] veiller à ce que les aides publiques à la création favorisent une offre répondant aux attentes du public (…).Vous exigerez de chaque structure subventionnée qu’elle rende compte de son action et de la popularité de ses interventions, vous leur fixerez des obligations de résultats et vous empêcherez la reconduction automatique des aides et des subventions. Dans le même esprit, et de manière alternative, vous examinerez dans quelle mesure le dispositif d’aide à la production cinématographique, qui repose en partie sur le succès public des œuvres subventionnées, pourrait être appliqué au théâtre, ce qui n’interdit pas de le moderniser par ailleurs. »
 
Dans cette perspective, comme envisager la défense de notre diversité culturelle ? Comment préserver la liberté de la création, le pluralisme des genres artistiques et des idées ?
 
Ainsi, peut-être devient-il urgent de rendre davantage visible notre diversité culturelle afin que tous les citoyens puissent se sentir concernés par une offre culturelle capable de construire du commun. Comment mieux prendre en compte la multiplicité des publics et des cultures au sein des lieux culturels ? Quelle participation des citoyens à l’élaboration des programmations des lieux culturels ? Quels acteurs mobilisés à cette fin ?
 
Par Bénédicte
 
Pour aller plus loin, quelques ressources

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18 réponses à “Culture: l’offre et la demande VS la diversité culturelle

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  3. « ça ce serait une véritable utopie!! sur quelle concept on pourrait partir alors? la pratique? l’émergence? … »

    Merci pour l’entousiasme.

    Sur quelles concepts ? ma foi je ne sais pas plus qu’un autre. Justement. La pratique, c’est un peu flou. L’émergence ça sonne un peu comme une catégorie.

    Je suis d’accord avec ta vision « situationniste » du pourquoi et du comment. Du coût les « concepts » sur lesquels je base ma motivation, c’est mon goût, ma subjectivité, mon héritage social, et ma capacité à les remettre en question. Point. refuser toutes ces catégories, c’est faire aussi preuve de respect pour les individus que nous sommes. Et ça n’empèche pas de faire preuve de solidarité. Je me demande si les catégories ministérielles sont vraiment utiles au pourquoi de leur invention. Du vent tout ça.

  4. Mais où va la culture!?

    Alessandro Baricco, « Fermez les théâtres publics » :

    « Cessez de penser que produire une offre de spectacles, d’événements et de festivals est un objectif des fonds publics. Le marché est sans doute aujourd’hui suffisamment mature et dynamique pour le faire tranquillement tout seul. Ces fonds servent à une chose fondamentale, une chose que le marché ne sait pas et ne veut pas faire : former un public informé, cultivé, moderne. Et à le faire là où le public est au complet, toutes catégories sociales et histoires personnelles confondues : à l’école d’abord, puis à la télévision. »

    Pourquoi mobiliser des fonds publics pour créer une offre culturelle ?
    En quoi le financement de la culture justifie-t-il un service public ?

  5. Merci Bokolo. Je mets ce document en « Ressources »… c’est rassurant de voir que les hommes ont su produire ce type de réflexions pour les autres hommes !
    Je viens de participer au café-débat de [Mais où va la culture !?] sur le thème « Une diversité de l’offre culturelle, une diversité des publics » (si je peux résumer ainsi..) à l’Antre Autre.
    Pour poursuivre sur ta lancée Boloko, en vérité.. il n’est pas si facile de quitter toutes nos « croyances » et nos envies insoupçonnées, inconscientes d’élitisme.. Pour en faire moi-même partie, je crois que les professionnels de la culture devraient profondément se questionner sur le sujet.
    Si j’étais ministre de la culture ? Je ferais de la lecture des Droits de l’homme, des recommandations de l’Unesco, de la déclaration de Fribourg… une pratique quotidienne pour tous, obligatoire !
    Pour que personne ne se pense à l’abri d’un sentiment raciste, sectaire et d’intolérance à l’égard de « différent que soi ».. Vous me direz que c’est de l’utopie !… je dirais que c’est de la lucidité sur l’effort d’ouverture que nous avons tous à mener pour une vie harmonieuse. Oui, comme le montre bien le besoin d’écrire ses recommandations supranationales, l’ouverture n’est pas une qualité découlant de l’éducation, la culture, l’intelligence… c’est une valeur fondamentale qui se construit lentement dans une pratique quotidienne ambitieuse.
    Car finalement, au-delà des disciplines artistiques, des discours esthétiques, des justifications politiques et sociales, des différences de points de vue, toutes ces actions culturelles, ces expos, ces spectacles ne permettent-ils pas de développer l’ouverture d’esprit, la curiosité ? N’est-ce pas l’expérience d’une découverte avec tout ce que ça comprend de richesse pour l’individu que nous voudrions transmettre aux gens avec toutes ces oeuvres artistiques…? Je crois que l’art n’est qu’un prétexte à cela, aux côtés -d’ailleurs, d’autres disciplines comme le sport, la spiritualité, les voyages, l’enseignement..
    Quel rôle plus important pourrait-il avoir dans une société ? Qu’on me le dise !!
    Rôle important et pourtant si simple, qui regarde « enfin » avec modestie toutes les autres pratiques essayant de faire pareil..

  6. ça fait du bien de voir des esprits agités! et de sentir qu’on est pas seule à faire de terribles constats, à se sentir terriblement impuissante parce que dans sa pratique pro on est confrontés à des cons qui fonctionnent encore sur cette conception de l’art élitiste… Je vous avoue que je me pose vraiment la question du rôle de l’artiste et de l’oeuvre.. Tout ça à été mis trop en avant par les politiques, et à mon sens n’a fait que renforcer les barrières sociales et culturelles dans les mentalités. Merci à monsieur tout le monde de nous dire de nous calmer avec les beaux mots, et de passer à l’action. Stop à la branlette, ne reproduisons pas les erreurs de nos ainés qui ont trop conceptualisé l’art, le rapport aux oeuvres… Il faut réflechir c’est certain, mais ne creusons pas d’avantage le fossé entre la pensée et le terrain. Oui c’est avec le vécu de terrain et l’écoute de ceux qui sont présents et à qui on souhaite s’adresser (et du temps aussi) que l’on peut réussir quelque chose. Ce qui me préoccupe c’est qu’à force d’être passé du côté « légitime » de la force certaines formes artistiques ne sont plus vécues pour ce qu’elles sont, une émotion, des sentiments, un truc qui vient du ventre…
    et si on s’en foutait que les gens préfèrent faire des pattes de mouches sur du tissus que d’aller au théâtre?
    je pense que nos chères politiques culturelles sont un tantinet désuètes et que tout doit partir de la personne, et non de l’oeuvre…
    si ça vous intéresse, consultez la déclaration des droits culturels de Fribourg.

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